Niger || Un an après le coup d'État du général Tiani : Un théâtre de droits (et de l'Homme) ~ une chronique satirique

Général Abdourahamane Tiani, Président du CNSP, Chef d'Etat du Niger, prononçant son allocution à la RTN le 25 juillet 2024, © Image prise sur internet

Ah, le Niger ! Ce charmant pays où le désert rencontre les rêves d'égalité et de justice, où les droits de l'homme sont comme une vieille légende transmise de génération en génération, mais rarement vue en action. Il y a un an, le général Abdourahamane Tiani, avec son air de super-héros, est arrivé sur la scène politique tel un messie tant attendu, promettant la paix, la sécurité et, surtout, le respect des droits humains. Un an plus tard, faisons un bilan..., satirique bien sûr !

Imaginez un opéra de Verdi : un grand chœur tragique de voix asphyxiées, tentant de chanter l'hymne des droits de l'homme dans un décor de plus en plus sombre. Les notes aiguës de la liberté de la presse sont rapidement étouffées par le tambour assourdissant de la censure. Les journalistes, autrefois les narrateurs du drame quotidien, ont maintenant trois options, telles les trois portes d'un jeu télévisé macabre : allégeance aveugle, silence assourdissant ou le grand prix final... une cellule tout confort, avec vue sur les barreaux.

Dans ce grand théâtre de l'absurde, Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH jouent les critiques désabusés. Leur dernier rapport est une véritable revue de la pièce en trois actes du général Tiani : "Répression, Répression, Répression". Ils dénoncent la descente en enfer des droits de l'homme, là où les voix dissidentes sont soit séduites par des promesses de sécurité, soit réduites au silence par des menaces à peine voilées, soit emmurées dans le confort glacial des prisons.

Les libertés publiques ? Ah, ces libertés ! Autrefois comme des oiseaux rares dans le ciel, elles sont maintenant des espèces en voie de disparition. Leurs ailes coupées par des lois de plus en plus strictes, elles se retrouvent en cage, décorant les halls des palais de justice. Et ne parlons pas des manifestations pacifiques, où exprimer son désaccord est devenu un sport extrême, réservé aux téméraires prêts à affronter les policiers en tenue de combat.

Le général Tiani, quant à lui, endosse le rôle de régisseur tout-puissant, dirigeant cette comédie noire avec une précision militaire. Ses discours sont devenus les monologues d'un acteur sûr de lui, évoquant une sécurité nationale menacée, comme une excuse pour couper les dernières ficelles de la marionnette qu'est la démocratie. Chaque apparition publique est une représentation, où le public (la population nigérienne) est tantôt applaudi pour son “soutien indéfectible”, tantôt réprimandé pour sa “naïveté”.

Mais dans cette scène de théâtre, une question demeure : qui sont les véritables spectateurs ? Est-ce la communauté inter-nationale, confortablement installée dans ses loges, regardant avec une curiosité mêlée d'indifférence ? Ou est-ce les citoyens nigériens, forcés d'assister à ce spectacle déconcertant, les mains liées, les bouches bâillonnées ? 

Et les droits de l'homme dans tout cela ? Ils sont devenus des acteurs secondaires, invisibles dans le brouillard de la répression et de la propagande. Comme des fantômes, ils errent dans les rues, leurs voix étouffées par le vacarme des bottes militaires. Les promesses de Tiani se révèlent être des lignes de dialogues d'une pièce écrite pour endormir le public, tandis que derrière les rideaux, se joue une tout autre réalité.

Un an après l'arrivée du général Tiani, en somme, les droits de l'homme au Niger ne sont plus qu'une chimère, un rêve brisé sur les rochers de la répression. L'espoir d'une justice égale pour tous est devenu une farce cruelle, où le seul droit qui semble encore valable est celui du silence. Mais qui sait ? Peut-être qu'un jour, les rideaux se lèveront pour de bon, et le peuple nigérien pourra enfin reprendre sa place sur la scène de l'histoire, libre de s'exprimer et de vivre dignement. En attendant, le spectacle continue, et il n'est pas prêt de baisser le rideau.

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